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Santé
on line : nouvel eldorado des net-entrepreneurs
Par
Dominique Lehalle
Quand
on sait que les principaux titres magazines consacrés
à la santé totalisent, chacun, plus de 4 millions
de lecteurs, on ne doute pas qu'il y ait un avenir pour
l'information médicale en ligne. Mieux : ces patients-internautes
devraient être faciles à entraîner dans
la vague du e-commerce qui leur permet, aujourd'hui, de
commander produits d'hygiène et de soins sur le Net,
et, demain, à coup sûr, leurs médicaments.
Résultat : c'est l'effervescence du côté
des sites et portails consacrés à la santé.
On y retrouve, au coude à coude, un opérateur
télécoms (France Télécom avec
Egora), un assureur (La Strasbourgeoise/Groupe Azur, qui
finance le journal électronique "e-sante.net"),
un groupe de presse (Havas a lancé Atmedica), une
société de conseils (Medcost, qui va dévoiler
ses projets début avril) et, bien sûr, une
poignée de start-ups.
Ambitions
européennes
Parmi
celles-ci, la plus ambitieuse est sans conteste Planet Medica,
basée à Bruxelles, en raison de son appétit
européen. Ouverts quasi-simultanément en ".de",
".uk" et ".fr", ses sites seront développés
de façon spécifique pour les différents
pays, "car les systèmes de santé et les
façons de soigner ne sont pas les mêmes partout",
précise Jean-Michel Cosséry, vice-président
Business Development. La société qui s'appuie
sur 12,5 millions d'euros pour son lancement, dont 5 octroyés
par Atlas Venture, se promet déjà d'entrer
en Bourse pour assurer son expansion dans le reste de l'Europe.
"Nous voulons ouvrir un site par pays tous les 15 jours
jusqu'au mois de juin", affirme son président,
Eric Souêtre, ancien psychiatre. Son modèle
économique : des revenus engrangés à
15% avec des annonceurs publicitaires, 30% pour le sponsoring,
35% pour l'e-commerce et 20% pour les licences de contenu.
Avec un objectif de point mort en 2003-2004. Particularité
: Planet Medica ne se bornera pas à s'adresser au
grand public. Eric Souêtre vise à la fois des
partenariats avec les financeurs du système de soins
et des services à l'intention des professionnels
de santé. "Le consommateur devient le moteur
principal du changement du système de santé,
notamment grâce à l'Internet. Mais nous devons
permettre à l'ensemble des acteurs de communiquer",
analyse-t-il.
Dossiers
médicaux en ligne
Egalement
nouvel entrant dans l'Internet de santé, Yves Chaponic,
président de Medisite, a misé d'emblée
sur la double cible, professionnelle et grand public. "Les
relations patients-médecins vont changer. Il est
important de mettre les deux communautés ensemble",
insiste-t-il. Très offensif sur le plan commercial,
Medisite a dégagé un gros budget publicitaire
-- il prévoit de dépenser au moins 10 millions
de francs cette année -- dont il attend 40.000 abonnés
professionnels. Il a déjà atteint le seuil
de 6.000 visiteurs/jour et 4.000 médecins inscrits.
Prochaine étape, fin mars, avec la mise en ligne
de dossiers médicaux sécurisés. Satisfait
de son lancement, il avoue toutefois regretter de ne pas
avoir levé plus de fonds du premier coup : Apax Partners
a en effet investi 22 millions dans Medisite en novembre
dernier. Modeste, face aux 118 millions misés par
Havas Numérique sur Atmedica !
Partenariats
tous azimuts
Ce portail
s'est appuyé, pour le lancement de sa version professionnelle,
en novembre dernier, sur les fonds documentaires acquis
par Havas avec les rachats successifs du "Quotidien
du médecin", puis du "Généraliste"
et de l'éditeur de la banque de données de
médicaments OVP-Vidal. Il vise désormais le
grand public (l'ouverture officielle d'un Atmedica Family
est prévue pour le 17 avril) sur le modèle
d'un DrKoop.com, portail santé numéro 1 aux
Etats-Unis. Pas moins de 250 médecins et autres professionnels
de santé sont en train de plancher pour fournir le
site en informations référencées et
validées. Tandis que son éditeur, Sandrine
Legrand-Diez, multiplie les contacts qui lui permettront
de conclure accords et partenariats tous azimuts dans le
domaine des services, de la vente d'assurances santé
aux essais cliniques on ligne.
Un
journal sur mesure
Face
à cette profusion de projets, le bouquet de services
santé conçu par France Télécom
il y a un an -- Egora -- risquait de se laisser dépasser...
même en bénéficiant d'un excellent référencement
sur l'annuaire Voila de l'opérateur. Il s'est donc
décidé à communiquer auprès
des professionnels, d'une part, et à accentuer la
légitimité de ses informations médicales
au sein du grand public, d'autre part. Il revendique aujourd'hui
12.000 professionnels de santé inscrits et plus de
1.000 visites par jour.
Responsable de l'information mise en ligne, l'agence ATP
Com, dirigée par les Dr Alain Trébucq et Philippe
Presles, fait appel à une équipe de 20 rédacteurs,
dont 16 praticiens hospitaliers. Le site dispose maintenant
d'un corpus de plus 5.000 articles. Point fort : il permet
à chacun, en fonction de son activité et de
ses centres d'intérêt, de composer son propre
journal sur mesure. Point faible : un éventail de
services réduit à sa plus simple expression.
Un
magazine consumériste
Avec
"e-sante.net", on n'est plus tout à fait
dans le monde des portails, mais plutôt d'un magazine
consumériste électronique. Il n'empêche
: son directeur de publication, Luc Jacob-Duvernet, ancien
rédacteur en chef de "Que Choisir Santé"
et éditeur de la collection (papier) "La santé
en poche", a déjà imaginé toute
la panoplie de services qu'il pourra offrir bien au-delà
de la simple information. Des comparatifs (il a donné
le ton avec les médicaments contre le virus de la
grippe), de l'évaluation, un premier avis avant consultation...
Financé par La Strasbourgeoise/Groupe Azur, ce site
a bien sûr pour vocation de pointer sur "e-sante.com",
ouvert par l'assureur il y a près d'un an pour expérimenter
la vente de complémentaires santé en ligne.
Mais son sponsor se défend vigoureusement de toute
intervention dans la ligne éditoriale de son journal
électronique. L'équipe rédactionnelle
est d'ailleurs largement issue du mensuel "Prescrire",
connu des professionnels de santé pour sa totale
indépendance de l'industrie pharmaceutique.
Qu'ils
l'admettent clairement ou pas dès maintenant, tous
ces sites poursuivent des objectifs similaires : fidéliser
des communautés de Français, via leurs préoccupations
--de plus en plus affirmées-- de prendre leur santé
en mains. L'e-commerce suivra naturellement !
Un modèle éprouvé aux Etats-Unis où,
chaque année, un volume d'internautes équivalent
à la population française toute entière
se sert du Web pour trouver réponse à des
questions de santé.
http://www.atmedica.com
http://www.medisite.fr
http://www.planetmedica.com,
http://www.planetmedica.fr
http://www.egora.fr
http://www.e-sante.net
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