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L'entretien |  |
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Zinédine Zidane : "Je suis toujours le
même" |  | |
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 |  |  |  | Entretien réalisé par
|  |  |  |  |  | Olivier
MARGOT
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|  |  |  |  |  | du 15 août
2000
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| | «Jouer à Marseille
en champion d'Europe et du monde, en
héros en somme, cela a un sens particulier
pour vous ?
| Vous voulez dire
que, parce que j'habite Turin depuis quatre
ans, j'aurais pu oublier d'où je viens
? Marseille, c'est la ville où je suis né,
où j'ai grandi, où sont mes amis. Mes potes
sont toujours mes potes de l'enfance. Ce
sont toujours les mêmes et je crois que je suis
toujours le même. Venir à Marseille, jouer au
football à Marseille, c'est toujours
quelque chose de particulier, je vous rassure.
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REPÈRES
|  |  |  |  |  | Zinédine ZIDANE a vingt-huit ans. Il
est né le 23 juin 1972 à Marseille. Il mesure
1,85 m, pèse 80 kg, est marié et a deux enfants.
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|  |  |  |  |  | Après
avoir fait ses premières armes sous les maillots
de l'US Saint-Henri et des SO Septèmes,
Zinédine entre au centre de formation de
l'AS Cannes en 1988.
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|  |  |  |  |  | Il débute en D 1 à
Nantes (1-1) le 20 mai 1989. C'est aussi
contre Nantes, mais le 8 février 1991 à
Coubertin, qu'il inscrit son premier but en
Championnat (2-1).
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|  |  |  |  |  | En 1992, Rolland
Courbis souffle Zinédine à l'OM et le fait
venir aux Girondins de Bordeaux. Il y passera
quatre saisons.
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|  |  |  |  |  | Zinédine est demi-finaliste en 1994
du Championnat d'Europe Espoirs avec
notamment Dugarry, Pedros, Ouédec, Nouma.
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|  |  |  |  |  | Il
débute en équipe de France le 17 août 1994 à
Bordeaux contre la République tchèque en
marquant deux buts après avoir remplacé Corentin
Martins à la 63e minute.
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|  |  |  |  |  | Il est demi-finaliste
du Championnat d'Europe en Angleterre en
1996 (0-0, défaite au tir au but contre la
République tchèque) sans pour autant évoluer à
son meilleur niveau, en raison des séquelles
d'un accident de voiture.
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|  |  |  |  |  | Finaliste en 1996 de la
Coupe de l'UEFA (défaite contre le Bayern,
0-2, 1-3).
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|  |  |  |  |  | Il part à la Juventus de Turin à
l'été 1996 pour s'y tailler un
palmarès planétaire : Coupe intercontinentale et
Supercoupe d'Europe 1996, deux fois
finaliste de la Ligue des champions en 1997
(défaite contre Dortmund, 1-3) et 1998 (défaite
contre le Real, 0-1), deux fois champion
d'Italie en 1997 et 1998.
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|  |  |  |  |  | Il devient champion
du monde le 12 juillet 1998 en inscrivant face
au Brésil (3-1) les deux premiers buts de
l'équipe de France. Son année 1998 est
ponctuée par l'attribution du Ballon
d'Or France Football.
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|  |  |  |  |  | Champion d'Europe
le 2 juillet dernier après avoir battu
l'Italie (2-1, a.p.) en finale, il est
désigné «personnalité française la plus
populaire» le 6 août par un sondage IFOP-Journal
du dimanche.
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|  |  |  |  |  | Zinédine a été sélectionné 59 fois
en équipe de France, il a marqué 16 buts.
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|  |  |  |  |  | Il a
disputé 200 matches en D 1 (34 buts marqués),
118 rencontres dans le Calcio (18 buts) et 38
parties en Coupes d'Europe (5 buts).
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Vous parlez d'amitié, de cette
grande aventure qu'est l'amitié.
Justement, Laurent Blanc et Didier
Deschamps, vos amis, s'apprêtent,
peut-être, sans doute, à quitter les Bleus,
à vous quitter. Vous le ressentez comme la
fin de quelque chose, comme...
| ... Tout le monde
arrête un jour, même les meilleurs. Il faut en
être conscient. C'est déjà tellement bien
qu'on ait pu réussir, ensemble, et
j'insiste sur ce mot, cette Coupe du monde
et cet Euro. Vous vous rendez compte de ce que
nous nous sommes créé comme images, comme
souvenirs ? Laurent Blanc va partir, après ce
sera Didier (Deschamps), après peut-être Marcel
(Desailly), ensuite ce sera peut-être moi...
L'important, c'est ce que nous avons
vécu ensemble. Aussi, je pense que, dans des
années et même dans beaucoup plus longtemps
encore, on se retrouvera tous. Qu'on ne se
perdra jamais de vue parce qu'ensemble nous
avons eu la même vision. Et que nous
l'avons réalisée.
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| - Laurent
Blanc et Didier Deschamps sont prévus pour
jouer contre l'Angleterre, le 2
septembre au Stade de France. Et s'ils
continuaient leur vie en bleu ?
| "Lolo (Blanc)
arrêtera, je crois. Parce qu'il l'a
décidé. Parce que c'est un homme qui a
toujours fonctionné ainsi : ce qu'il dit,
il le fait. Laurent a tellement donné... Je ne
sais pas, mais je le vois mal continuer
jusqu'en 2002, jusqu'à la prochaine
Coupe du monde. Même s'il le pouvait, et je
suis sûr qu'il le peut ! Je pense que
Laurent Blanc va arrêter sa vie en bleu parce
qu'il a remporté la Coupe du monde,
remporté l'Euro... S'il part
maintenant, il partira au sommet. Mon sentiment
personnel, c'est qu'il aurait raison.
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Blanc et Deschamps font évidemment
partie des anciens. Ce qui a frappé pendant
l'Euro, c'est votre aptitude à
comprendre, à bien vous entendre, avec la
jeune génération, culture rap et
banlieues...
| C'est simple : je viens moi
aussi d'un quartier. Moi aussi, je connais
la rue, j'en viens. Comme tous mes potes
d'enfance, que je continue à voir. Alors,
je connais tout ça : c'est toujours à celui
qui aura le dernier truc... Le fait que Nicolas
(Anelka) ou "Titi" (Henry) soient
ainsi, pour moi ce n'est pas nouveau. En
plus, eux, ils ne sont pas mariés, ils
n'ont pas d'enfant, ils le vivent
encore plus, c'est normal.
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Vous êtes extrêmement apprécié,
respecté, aimé de toute cette génération. En
avez-vous conscience ? C'est de
l'authenticité, une constance des
sentiments, de la fidélité aux valeurs, à
votre enfance, en amitié ?
| Ça veut dire, je
crois, que je ne change pas. Que je reste
moi-même. Vous savez, j'ai été extrêmement
ému d'être désigné comme le préféré des
Français, dans le sondage du Journal du dimanche
(paru le 6 août). Comment vous dire ?
"J'avais des gouttes", c'est
une expression... (Il rit.) Succéder au
commandant Cousteau et, surtout, à l'abbé
Pierre, un homme qui a fait tellement de bien,
ça m'a touché, ça m'a bouleversé, je
ne sais pas si je le mérite.
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Zinédine Zidane, immigré de la deuxième
génération, après le commandant Cousteau et
l'abbé Pierre, deux noms tellement
français, objectivement, ça a un sens quand
même !
| Objectivement, comme vous dites, ce
n'est pas du tout pareil ! Et je vous
répète que je ne sais pas si je le mérite. En
fait, si je suis fier, c'est pour mes
parents. Fier d'être devenu quelqu'un,
pour eux. Je dis toujours que mon père, mes
parents, m'ont mis sur le droit chemin. Et
ce chemin-là, il mène loin, on dirait.
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Depuis une huitaine de jours, vous avez
repris l'entraînement avec la Juventus.
Mais avez-vous, auparavant, réussi vos
longues vacances ?
| J'ai eu un mois de vacances.
C'est énorme pour moi, je n'en
espérais pas tant. J'ai même dû être le
dernier à reprendre l'entraînement. Alors,
oui, j'ai bien profité de ces vacances.
C'était du bonheur.
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Cette victoire à l'Euro, cette
joie, ce sentiment du devoir accompli,
presque cette conscience en paix, vous
ont-ils permis de mieux profiter encore de
ce repos et de votre famille ?
| J'étais heureux.
L'Euro, c'est une joie indescriptible.
Nous avions un objectif : devenir champions du
monde, puis, un peu après, champions
d'Europe. Franchement, ce n'était pas
évident, ni pour moi ni pour les autres. Nous
l'avons fait, et c'est quelque chose
d'énorme. Pour le football français,
c'est immense. Mais est-ce que je suis plus
apaisé, en vacances, avec les miens, parce que
j'ai gagné ? Est-ce que je suis différent ?
Il ne manquerait plus que je fasse payer à ma
famille mes défaites, elle n'y est pour
rien ! Perdre, naturellement, provoque une
désillusion, qui peut vous rendre un peu
différent... Mais, au bout d'une semaine
parmi les miens, c'est oublié.
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Où avez-vous passé vos vacances ?
| J'ai passé
pratiquement toutes mes vacances à Ibiza, en
Espagne. Suivies d'une semaine de cure,
comme chaque année.
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|
Suite
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