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retour page d'accueil les Echos  Le Bilan de l'année 1999

  Retour au sommaire Bilan 1999

CONSULTER  Les banques françaises entrent dans la course à la consolidation
CONSULTER  Le secteur financier public poursuit sa mue
CONSULTER  Nouveau millésime d'exception pour le capital-investissement
CONSULTER  Une année sociale très intense
CONSULTER  UN SIÈCLE DE BANQUE ET D'ASSURANCE
CONSULTER  Les restructurations bancaires s'intensifient rapidement en Europe
CONSULTER  La mode est plus que jamais aux partenariats dans la bancassurance
CONSULTER  Banquiers et assureurs français tardent à jouer la carte Internet
CONSULTER  La suppression des clivages dans le secteur financier va aussi doper les rapprochements aux Etats-Unis



Les banques françaises entrent dans la course à la consolidation

BANQUE

L'année a été marquée par la guerre boursière entre la BNP d'un côté, la Société Générale et Paribas de l'autre. La BNP a emporté Paribas. Une nouvelle vague de concentrations devrait se cristalliser autour de la stratégie de relance de la Société Générale.

C'est comme au bal de fin d'année. Chacun danse avec chacune, mais on ne sait pas encore avec qui l'on va finir la soirée », relatait avec humour, au début de 1999, le dirigeant d'une grande banque française interrogé sur les re- structurations qui tardaient à venir dans le secteur. Un an après, la plupart des danseurs continuent le bal. Mais qu'on juge déjà du chemin parcouru... La BNP s'est emparée de Paribas pour constituer la première banque française. Le Crédit Agricole s'est installé au capital du Crédit Lyonnais, devenant en juin, à l'occasion de la privatisation, son premier actionnaire à égalité avec l'Etat (10 %).

Le feuilleton SG-Paribas

A la mi-décembre, cependant, la Société Générale est venue lui disputer sa future conquête, en s'invitant au tour de table du Lyonnais à hauteur de 3,8 %. Quant au CCF, personne ne parierait qu'il restera indépendant en 2000, tant le néerlandais ING, son actionnaire à près de 20 %, se fait pressant, avec même une tentative d'OPA avortée début décembre. Seuls les mutualistes Crédit Mutuel - qui avait acquis le CIC en 1998 - et les Banques Populaires ont fait une pause en 1999. Après des années de conversations infructueuses, ce sont Paribas et la Société Générale qui ont mis le feu aux poudres en annonçant leur mariage, le 2 février. Motif officiel donné à cette opération : l'euro. Les métiers de banque d'investissement plongés depuis un mois dans le grand bain de la concurrence européenne, sont en phase de consolidation. Motif non avoué, les deux banques sortent très affaiblies, surtout la Société Générale, de la crise financière de l'automne 1998. Trop vite conclue, mal vendue, l'opération ne séduit pas les marchés. La BNP, en embuscade, s'engouffre dans la brèche et lance, le 9 mars, une double OPE - du jamais vu - sur ses deux concurrents.

Michel Pébereau, le président de la BNP, en fait une affaire personnelle. D'abord, il se sent trahi par Daniel Bouton et André Lévy-Lang, les patrons respectifs de la Société Générale et de Paribas. On apprend alors que la Société Générale menait des conversations parallèles avec la BNP. Ensuite, Michel Pébereau juge son projet, baptisé « SBP » (Société Générale-BNP-Paribas), seul adapté aux impératifs de restructurations dans la banque de détail en France. Dans l'intervalle, il s'est vu signifier une fin de non-recevoir de la part des pouvoirs publics à qui il proposait un rapprochement BNP-Crédit Lyonnais. Michel Pébereau met en avant l'aspect « amical » de ses offres. Mais les cibles repoussent ses avances : la bataille s'organise.

Les autorités boursières, COB (Commission des opérations de Bourse) et CMF (Conseil des marchés financiers) sont soumis à une rude pression. La palme revient, pourtant, au CECEI (Comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement), dont le président est le gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet. Celui-ci est mandaté par le ministre de l'Economie et des Finances de l'époque, Dominique Strauss-Kahn, pour trouver une issue négociée entre les belligérants. Rien n'y fait. Finalement, début août, les investisseurs sont appelés à se prononcer.

La victoire de la BNP

A une écrasante majorité (65,1 %), ils donnent à la BNP le contrôle de Paribas, mais leur réponse est moins nette sur la Société Générale, dont la BNP obtient 36,8 % du capital et 31,5 % des droits de vote. A l'issue d'une ultime semaine de tractations, sans doute impressionné par l'hostilité du corps social de la Société Générale, le CECEI tranche. Il bénit le mariage BNP-Paribas, mais contraint la banque de Michel Pébereau à rendre ses titres Société Générale. La banque de Daniel Bouton a préservé son indépendance. Mais elle a échoué à créer SG Paribas. En alternative, elle propose la mise en oeuvre de partenariats structurants. Les discussions s'ouvrent en priorité avec l'espagnol BSCH et l'assureur britannique CGU qui ont profité des OPE pour se renforcer au capital de la banque française. La stratégie de relance de la Société Générale, au travers notamment de son entrée au Lyonnais, devrait constituer l'un des moteurs de la nouvelle vague de consolidation qui s'annonce.



I. C.

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Le secteur financier public poursuit sa mue

Le secteur financier public se réforme avec la filialisation de CDC Finance et la transformation des Caisses d'Epargne en coopérative.

Depuis la privatisation du Crédit Lyonnais en juin, la Banque Hervet est la seule « rescapée » des vagues de nationalisations de 1945 et de 1982. Les scénarios vont bon train sur les adossements ou partenariats dont pourrait bénéficier le plus petit des groupes bancaires français. Mais en attendant cette éventuelle « der des der » des dénationalisations bancaires, la Caisse des Dépôts et Consignations, point nodal du « grand pôle financier public » - selon l'expression de Dominique Strauss-Kahn -, prépare une profonde restructuration interne pour mieux distinguer activités d'intérêt général et activités concurrentielles. Ce projet, sans équivalent depuis la réforme avortée de 1994, doit permettre d'éviter les foudres des autorités de la concurrence, notamment européennes, mais aussi faciliter les partenariats, à l'heure où l'industrie financière européenne se concentre. Le dispositif comporte la création d'une nouvelle filiale, chapeautant toutes les activités financières concurrentielles. La nouvelle entité, baptisée « CDC Finance », devrait être en ordre de marche en septembre. Cette filialisation se double d'une réflexion sur un élargissement des missions d'intérêt général de l'établissement public. Pour la CDC, une importante étape a déjà été franchie avec la signature, début septembre 1999, d'une alliance stratégique avec le Groupe Caisse d'Epargne. Concentrée sur les activités de banque d'investissement, la CDC a pris 35 % de la nouvelle Caisse centrale des Caisses d'Epargne, un réseau dédié aux activités bancaires de proximité. Les Caisses d'Epargne s'activent désormais à mettre en oeuvre leur propre réforme, adoptée par le Parlement en juin 1999. Doté du statut de banque coopérative, qui leur permet de sortir du vide juridique antérieur, de plus en plus pénalisant dans le contexte européen, l'Ecureuil doit améliorer sa rentabilité et se construire un actionnariat. La cession de ses parts sociales a commencé lundi 3 janvier. Les objectifs sont déjà fixés - 10 % de retour sur fonds propres à terme et 4 millions de sociétaires fin 2003 -, et la tâche n'est pas mince. Placé à la lisière du monde mutualiste, le réseau garde une nette « coloration publique », en raison de ses liens avec la CDC, de la distribution du Livret A (monopole partagé avec La Poste) et des missions d'intérêt général confiées par le législateur. Le troisième acteur clef de la sphère financière publique, La Poste, a, lui aussi, entamé un mouvement de réforme de ses activités financières, avec la création en cours de la nouvelle filiale qui a repris au Trésor la gestion des chèques postaux.

Réflexion sur les missions

Quant aux services financiers du Trésor, ils ont lancé une réflexion sur leurs missions. Le pôle public « new look » comprend aussi la CNP (le premier assureur de personnes en France, introduit en Bourse en octobre 1998, avec la CDC comme premier actionnaire aux côtés de l'Ecureuil et de La Poste), la Banque de développement des PME, liée à la CDC, et le Crédit Foncier de France, cédé par l'Etat à l'Ecureuil en août dernier. A l'abri des OPA hostiles, ces entreprises du pôle public pourraient néanmoins manquer des moyens que procure la cotation en Bourse pour participer à la recomposition du secteur financier européen. Toujours pragmatiques, les marchés financiers se passionnent en ce début d'année sur le sort d'une participation publique pourtant résiduelle. Alors que le Crédit Lyonnais fait l'objet de convoitises à l'échelle européenne, les 10 % du capital encore détenus par l'Etat pourraient, en effet, peser lourd dans la balance.



S. R.

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Nouveau millésime d'exception pour le capital-investissement

Le financement privé en capital des entreprises françaises bénéficie de l'attrait de la diversification des grands gestionnaires d'actifs.

Après un doublement l'année précédente, le capital-développement a de nouveau connu, en 1999, une très forte croissance en France. L'Association française des investisseurs en capital (Afic) estime à 50 %, au minimum, la croissance des fonds investis l'an dernier, tant dans des sociétés nouvelles qu'à l'occasion de transmissions. Le montant investi devrait donc s'élever à 18 ou 20 milliards de francs.

Pour le seul capital-risque, le ministère des Finances décomptait, à la fin du premier semestre 1999, 34 intervenants gérant des fonds de plus de 15 millions d'euros (100 millions de francs), contre 20 à la fin de 1998. L'encours des fonds communs de placement à risque (au statut fiscal avantageux) représente quelque 18 milliards de francs (dont 1,7 milliard pour les seuls fonds devant s'investir dans des sociétés ayant reçu un label « innovant » décerné par l'Anvar).

Au-delà d'une meilleure répartition des risques, les gérants institutionnels, comme les personnes physiques, souvent présentées sous le label « business angel », tentent de tirer parti des perspectives alléchantes offertes par ces fonds spécialisés. Les fonds lancés cette année ont tous en commun de laisser espérer un taux de rendement interne supérieur à 15 %. C'est la contrepartie d'un risque plus élevé, que ce soit par le recours à l'effet de levier de la dette, ou par la nature des investissements dans des sociétés devant encore tout prouver.

Afflux de capitaux nouveaux

L'afflux de capitaux nouveaux - qui correspond à une tendance lourde - a été confortée par l'action gouvernementale. En juillet, la loi Allègre sur l'innovation apportait son lot de mesures en faveur de la création d'entreprise, particulièrement dans les biotechnologies et les technologies de la communication. A côté des créations « d'incubateurs », viviers de la création d'entreprise, trois fonds d'amorçage nationaux ont été mis sur orbite. Le premier, I-Source, consacré à tout ce qui touche de près ou de loin l'Internet, s'est lancé avec 100 millions de francs, avec comme principal partenaire l'Inria. Le deuxième, Emertec, se voue, sous la houlette du CEA, à l'électronique. Il démarre tout juste avec un encours de 80 millions de francs et devrait à terme en lever 160. Enfin, le fonds spécialisé dans les biotechnologies devrait réunir 120 millions de francs.

Des fonds régionaux sont aussi en cours de création. En province, les conventions rassemblant créateurs d'entreprise et investisseurs se multiplient. Lors de ces manifestations, ce sont des dizaines d'entreprises en voie de création, ou dont l'acte de naissance ne date que de quelques mois, qui se font connaître, demandes de capitaux à l'appui, à des équipes de financiers rompus à la tâche de distinguer les meilleures d'entre elles... en quelques minutes seulement. Elles peuvent y rencontrer des gérants étrangers de plus en plus nombreux, ainsi qu'une nouvelle classe d'investisseurs, gérant des fonds dotés par des groupes industriels. Ces structures légères leur permettent de pratiquer activement la veille technologique.



C. T.

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Une année sociale très intense

Vide.

En 1999, l'Association française des banques est passée près de la catastrophe sociale. Le tribunal de grande instance de Paris décide, le 28 septembre, d'annuler l'accord 35 heures conclu en janvier avec le seul SNB-CGC, jugeant illicites deux clauses secondaires. Puis la négociation marathon sur la convention collective s'enlise. L'AFB ayant dénoncé en février 1998 le texte de 1952, il doit cesser de produire ses effets au 31 décembre: la branche frôle ainsi le vide total. Mais, le 15 décembre, la cour d'appel remet en vigueur l'accord sur le temps de travail, dans l'attente d'un jugement sur le fond. Et, à la fin du mois, les partenaires sociaux trouvent un consensus sur un projet de convention collective, soumis à la signature le 10 janvier 2000. Quant aux concurrents de l'AFB, ils ont bien avancé : 17 fédérations du Crédit Mutuel sur 18 ont paraphé des accords 35 heures, et la Fédération nationale du Crédit Agricole a conclu en décembre.

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UN SIÈCLE DE BANQUE ET D'ASSURANCE

1945 : les nationalisations.

Avant même le débarquement, le Conseil national de la Résistance arrête en mars 1944 son programme économique : il veut instaurer « une véritable démocratie économique et sociale impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières ». Est donc annoncé « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques ». Le processus débute dans la précipitation, fin 1944, par la mise sous tutelle d'entreprises sanctionnées pour collaboration (Berliet, Renault, Simca, les Houillères du Nord...). Mais c'est en décembre 1945 qu'il prend son sens : donner à l'Etat les leviers de l'économie et les moyens de la reconstruction. Sont nationalisées les Banques centrales de France et d'Algérie ; les quatre plus grandes banques de dépôt (Crédit Lyonnais, Société Générale, Comptoir National d'Escompte et Banque nationale pour le commerce et l'industrie) ainsi que les 34 premières compagnies d'assurances. Ces décisions influeront sur toute l'économie d'après-guerre.

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Les restructurations bancaires s'intensifient rapidement en Europe

BANQUE

Les groupes financiers européens, qui ont poursuivi leur mouvement de consolidation,
ont mis à profit les déchirements des banques françaises et la privatisation du Crédit Lyonnais pour monter dans le capital de leurs homologues hexagonaux.

Une carte bancaire se dessine à l'échelle européenne, au rythme des restructurations. Mais ce mouvement s'effectue à des rythmes encore très différents selon les pays. La Belgique et la Suisse ont déjà emprunté la voie de la consolidation. La Grande-Bretagne la poursuit, avec les deux offres concurrentes - et toujours en cours - de Bank of Scotland et de Royal Bank of Scotland sur leur concurrent NatWest.

L'Allemagne, qui avait connu, fin 1998, un rapprochement transfrontalier avec la reprise de l'américain Bankers Trust par la Deutsche Bank, n'a pas encore pleinement pris le virage de la restructuration bancaire nationale. Mais elle a connu l'an dernier une fusion entre banques bavaroises, Bayerische Vereinsbank et Hypo-Bank, créatrices du numéro deux bancaire privé.

BSCH, acteur européen majeur

La Scandinavie s'est, elle aussi, engagée dans la voie de la restructuration avec l'annonce du mariage de Den Norske Bank, première banque norvégienne, et de Postbanken, numéro quatre.

Et, depuis septembre, le finno-suédois MeritaNordbanken brave l'hostilité des autorités d'Oslo pour avoir lancé une OPA de 2,9 milliards d'euros sur Christiana Bank, deuxième banque norvégienne.

Les pays latins suivent le même chemin. En Espagne, les grandes manoeuvres ont commencé dès le début de l'année. A la surprise générale, Banco Santander (BS), première banque du pays, a annoncé sa fusion avec Banco Central Hispano (BCH), numéro trois espagnol.

L'ensemble - baptisé « BSCH » - a non seulement donné naissance à un numéro un encore plus puissant en Espagne, mais aussi à un acteur européen majeur. BSCH est en effet le premier actionnaire de Royal Bank of Scotland avec 9,7 % du capital, détient 5,2 % des actions du groupe bancaire italien Sanpaolo IMI et 3,1 % de l'allemand Commerzbank. Du coup, dix mois après, les banques espagnoles BBV et Argentaria, respectivement numéro deux et numéro trois, ont à leur tour décidé de s'unir.

En France, les établissements financiers étrangers ont profité de la bataille boursière ayant opposé la BNP à la Société Générale et à Paribas, ainsi que de la privatisation du Crédit Lyonnais, pour se renforcer sensiblement : l'espagnol BSCH détient désormais 5,06 % de la Société Générale (4,26 % des droits de vote), l'allemand Commerzbank et l'espagnol BBV ont pris respectivement 4 % et 3,75 % du Crédit Lyonnais. Dresdner Bank pourrait accroître sa participation de 0,9 % dans la BNP.

Enfin, le mois dernier, le Crédit Commercial de France a fait l'objet d'une tentative de rachat avortée du néerlandais ING.

Paysage bouleversé en Italie

Mais c'est en Italie que le secteur bancaire a le plus évolué. Non sans de multiples soubresauts, puisqu'un même dimanche de mars a vu l'annonce, coup sur coup, de deux fusions abandonnées ensuite : celle de Sanpaolo IMI avec Banca di Roma et celle d'Unicredito Italiano (Unicredit) avec Comit (« Les Echos » du 27 mai). C'est l'influente banque d'affaires Mediobanca, qui a fait capoter ces deux projets. Elle n'a pas hésité à cet effet à intervenir auprès d'Antonio Fazio, le gouverneur de la Banque d'Italie, pour qui ces deux opérations revêtaient un caractère hostile, et du Premier ministre, Massimo D'Alema. Le 30 juin a marqué un revirement stratégique avec l'annonce du rapprochement de Comit et de Banca Intesa, un nouvel ensemble détenu à 15 % par le Crédit Agricole et qui a pour partenaires le Crédit Lyonnais et la Commerzbank.

Parallèlement, la parution d'une version modifiée d'un décret-loi sur les fondations bancaires et l'harmonisation de la réglementation nationale en matière d'OPA devraient accélérer le processus de privatisation du secteur (à l'exemple de l'introduction en Bourse réussie de Monte dei Paschi di Siena). Unicredit et BBVA ont d'ores et déjà signé une alliance transnationale qui devrait déboucher sur une fusion dans les trois ans. Quant à Sanpaolo IMI, il devrait à terme accueillir dans son empire Banco di Napoli, aujourd'hui contrôlé par INA (en cours de rapprochement avec Generali).



M. J.

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La mode est plus que jamais aux partenariats dans la bancassurance

L'alliance stratégique nouée en novembre entre la CNP et Prudential a clairement mis en évidence la nécessité, pour les assureurs, d'élargir leurs débouchés.

Capitalistiques ou simplement industriels, les partenariats entre banquiers et assureurs européens sont décidément à la mode. Le monde de l'assurance regarde toujours avec réserve le modèle de bancassurance que représentent Fortis et ING. Et préfère s'orienter vers des alliances avec des banques capables de leur offrir un réseau de distribution de grande envergure, sans avoir pour autant à se lancer dans une acquisition coûteuse et une fusion délicate entre deux métiers aussi différents. Comme l'a montré l'offensive ratée de l'assureur britannique Legal & General sur NatWest, le rachat d'une grande banque n'est pas chose aisée, et les opportunités sont devenues rares.

Particulièrement originale, l'alliance nouée fin novembre entre le premier assureur-vie britannique Prudential et son homologue français, CNP, constitue un événement. Il ne s'agit pas d'un accord de bancassurance classique entre une banque et un assureur d'un même pays, mais d'une coopération transfrontalière - pour l'instant unique - entre deux assureurs, dont l'un - la CNP - dispose de réseaux de distribution sans pareil, l'un bancaire avec les Caisses d'Epargne et l'autre, postal... La stratégie de Prudential à l'étranger est désormais clairement guidée par la recherche de partenaires. « Nous ne sommes pas intéressés, a priori, par une acquisition. Le marché de l'assurance-vie a changé : il est très long et fastidieux de créer sa propre compagnie et il est également coûteux d'acheter une grande compagnie en Europe. Le réseau de distribution étant la clef du succès, il est plus intéressant de distribuer ses produits à travers les canaux d'un partenaire », indiquait récemment dans nos colonnes sir Peter Davis, le directeur général de Prudential (« Les Echos » du 25 novembre).

Les mutuelles aussi

Sur le continent, les assureurs ont déjà largement engagé cette démarche. En France, notamment, la plupart des banques se sont développées toutes seules en assurance-vie, mais ont généralement fait appel, en assurance-dommages des particuliers, à un assureur (en dehors du Crédit Agricole et du Crédit Mutuel). Logiquement, les banques se sont alliées à leur principal actionnaire assureur : le CCF avec Swiss Life, le Crédit Lyonnais avec Allianz, la BNP avec AXA, la Société Générale avec CGU. Pour les assureurs, ces premiers accords demandent maintenant à être renforcés vers la clientèle de PME-PMI. De plus, ils cherchent d'autres partenaires, lmes AGF ou AXA ayant même créé des directions partenariats. Dans le cadre de son vaste chantier de réorganisation vers le client, AXA a ainsi décidé de s'engager dans la voie de partenariats tous azimuts, pour offrir à ses assurés une palette très large de services : constructeurs automobiles, réparateurs en tous genres, distributeurs, etc. Tout en les considérant comme de sérieux concurrents, les compagnies multiplient en effet les partenariats avec les grands distributeurs : Generali avec Auchan, les AGF avec Trois Suisses, CGU avec Volvo et Ikea, AIG avec la FNAC, Zurich avec la Smart, etc. Les mutuelles ne sont pas en reste. Pionnière du genre, la Maaf a, depuis plusieurs années, opté pour une politique de partenariats, notamment dans le secteur automobile (Renault, Seat, Skoda, Honda, Nissan, Suzuki, Toyota, Opel) et bancaire (accord avec Banques Populaires). En tant que président de la Maaf, mais également des MMA, Jean-Claude Seys va désormais développer les coopérations entre ces deux mutuelles, notamment dans la réassurance, la gestion des sinistres, l'informatique et les achats. La Maaf a aussi décidé de rejoindre l'alliance européenne Euresko : à moindres frais, le groupe mutualiste va pouvoir s'inscrire dans une ambitieuse stratégie internationale. Enfin, sans envisager d'intégration dans une alliance du même type, la Macif et la Maif essaient depuis plusieurs mois de mettre en place des synergies dans certains domaines tels que la réassurance, les achats, l'informatique et l'international. Mais ce projet n'augure pour l'instant d'aucun rapprochement entre les deux mutuelles.



L. B.

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Banquiers et assureurs français tardent à jouer la carte Internet

Le Web révolutionne la banque et l'assurance. Mais une récente enquête attire l'attention sur le retard français en e-banking.

Les banques ont compris qu'Internet allait révolutionner leur métier. Des groupes comme les américains Citigroup ou Wells Fargo, le finno-suédois MeritaNordbanken ou encore le britannique Egg (groupe Prudential), disposent aujourd'hui des « Websites » bancaires les plus performants. D'après la société de conseil Blue Sky International, le nombre de sites Web a doublé en un peu plus de six mois, passant de 863 en novembre 1998 à 1.845 en juin 1999 (dont 1.245 sites dits transactionnels on-line) dans 8 pays européens.

Cette montée en puissance est le fait de banques de taille modeste, utilisant Internet pour défendre leur part de marché. En France, le Crédit Commercial de France a fait figure de pionnier, en 1997, sur le terrain des sites Web transactionnels. Le Crédit Mutuel de Bretagne, puis l'ensemble de la profession, lui ont emboîté le pas. Malgré ces efforts, une récente enquête réalisée par Novamétrie, Compaq, Gemini Consulting et Microsoft, lance un cri d'alarme sur « le retard des banques françaises en matière d'Internet ».

Pays très avancé en matière de banque électronique (Minitel, carte à puce...), la France est encore très loin des records des Etats-Unis ou de l'Europe du Nord pour l'utilisation de la Toile, même si une étude d'Andersen Consulting table sur un triplement du nombre de comptes en ligne à la fin de 1999 (ils étaient 100.000 fin 1998). Des chiffres encourageants pour les banques hexagonales, même si cela n'a pas encore conduit la majorité d'entre elles à engager la complète réorganisation de leur fonctionnement (réduction du nombre d'agences, évolution des métiers...) que cela exigera d'elles.

Dans l'assurance, le mouvement, en France, est encore plus timide. Selon une étude Capa Conseil du début 1999, 5 % seulement des sites répertoriés proposaient des transactions en ligne, une majorité étant seulement des sites vitrines (45 %) ou interactifs (37 %). Peu de professionnels offrent donc pour l'instant la réalisation de devis et la souscription de contrats en ligne : on recense notamment les sites de courtiers comme assurdiscount (en partenariat avec Generali, Swiss Re et ERC Frankona) ou Direct Finance (détenu par AGF et Lazard), tandis que le groupe Azur, via sa filiale Reflex, le groupe suisse Winterthur, via son site Webinsurance, tentent depuis peu l'expérience. Et d'autres assureurs, tel AXA, via sa filiale de vente directe, s'y préparent.

« Le marché n'est pas encore mûr pour la vente de contrats en ligne, estime Alain Schmitter, directeur général des Assurances du Crédit Mutuel. La vente d'un contrat implique plusieurs opérations, de l'envoi du contrat au client à son retour signé, ce qui est un processus trop lourd. Nous ne voulons pas non plus proposer la réalisation de devis en ligne car, en présentant nos tarifs, on s'offre trop à la concurrence. » Toutefois, avec le développement de la signature électronique et du nombre des internautes, le commerce électronique dans l'assurance devrait se développer dans les années qui viennent, surtout pour la vente de contrats simples en assurance-dommages (habitation, automobile, etc.) ne nécessitant pas un contact de proximité.

En Grande-Bretagne, marché le plus mûr actuellement pour le e-commerce, c'est la filiale du groupe suisse Zurich Financial Services, Eagle Star Direct, qui paraît la plus avancée. En 1998, pour sa première année, son site a enregistré 1 million de visites, a réalisé 250.000 devis et vendu 10.000 contrats. Le score peut paraître faible, mais il devrait croître significativement à l'avenir.



L. B. et M. J.

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La suppression des clivages dans le secteur financier va aussi doper les rapprochements aux Etats-Unis

Barrières qui tombent.

La Chambre des représentants a suivi le Sénat, qui a adopté, le 4 octobre, le Financial Services Modernisation Act (« Les Echos » du 5 novembre) remplaçant le Glass-Steagall Act, adopté en 1933.
Ce texte a supprimé les barrières existant jusqu'alors entre banques commerciales, compagnies d'assurances et firmes de courtage aux Etats-Unis. Cette mesure devrait venir, là aussi, favoriser la consolidation du secteur financier. Cela faisait une vingtaine d'années que le milieu américain de la finance, tout en contournant habilement la loi pour s'aventurer dans d'autres métiers, faisait pression sur les responsables politiques à Washington pour faire tomber les barrières. Le Glass-Steagall Act avait été adopté en 1933, au lendemain du krach boursier qui avait provoqué la faillite de 20 % des établissements bancaires américains. Le Bank Holding Company Act, adopté en 1956, instituait à son tour une claire ligne de partage entre le métier d'assureur et celui de banquier.

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