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retour page d'accueil les Echos  Le Bilan de l'année 1999

  Retour au sommaire Bilan 1999

CONSULTER  Kosovo, Timor-Oriental, Tchétchénie : le droit d'ingérence a gagné du terrain
CONSULTER  LES AFFAIRES RYTHMENT LA VIE POLITIQUE
CONSULTER  PROCÈS DU SANG CONTAMINÉ : FABIUS RÉHABILITÉ
CONSULTER  Les deux jours de tempête qui ont ravagé la France et l'Europe
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CONSULTER  GOUVERNEMENT INTERCONFESSIONNEL EN ULSTER
CONSULTER  BARAK RELANCE LE PROCESSUS DE PAIX AU PROCHE-ORIENT
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Kosovo, Timor-Oriental, Tchétchénie : le droit d'ingérence a gagné du terrain

Kosovo, Timor-Oriental, Tchétchénie : les trois grands conflits de 1999 ont posé de façon dramatique la question du droit d'ingérence. Que faire lorsqu'un pays mène une épuration ethnique ou massacre une population civile à l'intérieur de ses propres frontières ? Les réponses apportées par la communauté internationale ont été très diverses, alors que les situations présentaient de grandes similitudes. La Serbie, l'Indonésie et la Russie ont entrepris de réprimer dans le sang des velléités indépendantistes. Dans les trois cas, les territoires visés ne présentaient aucun enjeu économique majeur. Et les exactions des milices serbes et indonésiennes comme de l'armée russe ont, toutes, horrifié les opinions publiques occidentales.

Finalement, le droit d'ingérence l'a plutôt emporté sur la souveraineté des Etats. Au Kosovo, il s'est imposé par la force. L'aviation de l'Otan a bombardé la Serbie du 24 mars au 10 juin pour obtenir le retrait des troupes de Milosevic, le retour de la population poussée à l'exil et l'instauration d'une administration provisoire des Nations unies. L'intervention au Kosovo marquera l'histoire militaire pour avoir été la première guerre gagnée uniquement avec des moyens aériens (près de 1.000 appareils). Ce que nombre d'experts jugeaient impossible. L'Otan n'a eu à déplorer que deux morts. Les pertes serbes, entre 5.000 et 10.000 victimes, auraient pu être beaucoup plus lourdes sans l'utilisation systématique des bombes guidées au laser. Toutefois, l'Otan n'a pas rempli ses deux objectifs affichés en février : préserver le Kosovo multiethnique et empêcher les milices de massacrer les civils. Au moins 7.000 Kosovars ont été tués par les Serbes pendant les opérations de l'Otan.

Au Timor-Oriental, par contre, le droit d'ingérence n'a pas eu besoin de bombardements pour triompher. La suspension de l'aide financière internationale, dont l'Indonésie a cruellement besoin, a suffi à faire plier Jakarta. Le 12 septembre, le président Habibie a fini par accepter l'envoi dans l'ancienne colonie portugaise d'une force internationale de rétablissement de la paix sous l'égide des Nations unies : 8.000 hommes, sous le commandement de l'armée australienne. Mais, entre le déploiement de ces unités, à partir du 20 septembre, et le référendum en faveur de l'indépendance du Timor-Oriental, le 30 août, les milices ont déporté la moitié des 800.000 habitants du territoire, détruit à 90 % la capitale, Dili, et assassiné des milliers de civils.

Reconnaissance internationale

Le droit d'intervention a aussi obtenu une reconnaissance internationale, avec la remise, le 10 décembre, du prix Nobel de la paix à Médecins sans frontières. Une ONG qui a fait de l'ingérence humanitaire son cheval de bataille, depuis sa création, en 1971. Le droit d'ingérence est pourtant loin de faire l'unanimité. La Chine et la Russie, deux membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, l'ont vigoureusement combattu. En Tchétchénie, Moscou a opposé une fin de non-recevoir aux demandes de l'Occident. Les troupes du Kremlin ont reconquis les deux tiers de la république qu'elles avaient quittée, défaites, en 1996. En suivant une stratégie largement inspirée de celle de l'Otan au Kosovo, l'aviation a massivement bombardé, tuant des milliers de civils. Officiellement, il s'agissait de couper de leurs bases arrière les « terroristes » tchétchènes, auxquels les services de renseignement russes ont attribué la paternité d'attentats à la bombe qui ont fait 300 morts à Moscou, fin août. L'Occident avait objectivement moins de moyens de pression sur la Russie que sur l'Indonésie ou sur la Serbie. Il était peu crédible d'intimider militairement l'ancienne Union soviétique et impensable de lui couper les vivres et de laisser sombrer dans le chaos un immense pays où sont stockées 11.000 ogives nucléaires.



YVES BOURDILLON
ET STÉPHANE DUPONT

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LES AFFAIRES RYTHMENT LA VIE POLITIQUE

L'année 1999 a continué à être rythmée par les affaires, qui ont touché la droite, la gauche, mais aussi le gouvernement. Le 2 novembre, l'affaire de la MNEF a contraint le ministre de l'Economie et des Finances à démissionner. Mis en examen quelques semaines plus tard pour « faux et usage de faux », Dominique Strauss-Kahn est soupçonné d'avoir produit et utilisé des faux pour justifier, a posteriori, une prestation réalisée dans le cadre d'une négociation entre la MNEF et l'ex-CGE. L'affaire Elf, dans laquelle Roland Dumas est impliqué, a, quant à elle, eu raison de l'obstination du président du Conseil constitutionnel : au mois de mars, Roland Dumas a annoncé sa mise en congé. A l'automne, le secrétaire national du PC, Robert Hue, mis en examen depuis 1996 pour « recel de trafic d'influence », a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris dans le cadre de l'enquête sur le financement du mouvement communiste. A droite, c'est surtout la Mairie de Paris qui se retrouve dans le collimateur, avec l'affaire des HLM de la ville et le financement occulte du RPR. Jean Tiberi a été mis en examen le 28 juin, onze jours après avoir officialisé sa candidature à sa propre succession à la Mairie de Paris. En revanche, la procédure visant Xavière Tiberi dans le dossier des emplois fictifs de l'Essonne a été annulée en décembre, le président du Conseil général de l'Essonne, Xavier Dugoin, étant, lui, condamné à 18 mois de prison ferme. L'année des affaires s'est achevée sur le procès du financement illégal de l'ex-CDS mettant en cause trois anciens ministres, Pierre Méhaignerie, Jacques Barrot et Bernard Bosson. Le tribu- nal a mis son jugement en délibéré au 23 février.

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PROCÈS DU SANG CONTAMINÉ : FABIUS RÉHABILITÉ

Le procès politique du sang contaminé, ouvert en février, a connu son épilogue le 9 mars devant la Cour de justice de la République. Trois anciens ministres socialistes ont comparu devant cette institution, composée de 12 parlementaires et de 3 magistrats de la Cour de cassation, créée en 1993, mais qui n'avait jamais fonctionné depuis. Mis en examen pour « homicides involontaires et atteintes involontaires à l'intégrité des personnes », Laurent Fabius a obtenu la relaxe et est sorti réhabilité de ce procès, quinze ans après les faits. L'ancien ministre des Affaires sociales, Georgina Dufoix, a également été relaxé. Seul Edmond Hervé, ministre de la Santé à l'époque des faits, a été condamné, tout en étant dispensé de peine. L'arrêt de la CJR a été vivement contesté par les victimes et leurs associations de défense, choquées par le verdict, mais aussi par le mode de fonctionnement de la CJR. Au vu des problèmes apparus au cours du procès, la classe politique a été unanime à demander une réforme de cette juridiction.

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Les deux jours de tempête qui ont ravagé la France et l'Europe

De mémoire de Météo France, on n'avait jamais vu ça. Dans les nuits du 26 et 28 décembre, deux tempêtes, la première dans le Nord et la seconde dans le Sud, ont littéralement ravagé plusieurs pays d'Europe. En France, plus de 80 personnes ont péri dans les intempéries ; les transports et les routes ont été bloqués plusieurs jours et des millions de foyers sont restés près d'une semaine (y compris le soir du 31 décembre) sans électricité, sans chauffage et sans téléphone. Quant au bilan écologique et culturel de la cata- strophe, il est sans précédent. Les forêts ont été dévastées, notamment en Lorraine. Le naufrage du pétrolier « Erika » (TotalFina) quelques jours auparavant au large de la Bretagne a entraîné, avec la tempête, une véritable marée noire. Enfin, plusieurs monuments historiques ont été très sérieusement endommagés, dont le château de Versailles, Notre-Dame de Paris. La facture du drame s'annonce élevée. Elle se chiffre pour la France en « dizaines de milliards de francs », selon le ministre de l'Intérieur, et les assurances estiment que le total des dégâts devrait dépasser 30 milliards dans l'ensemble de l'Europe. L'essentiel devrait être pris en charge par les assurances. Pour faciliter l'indemnisation pour inondations, le gouvernement a déclaré l'état de catastrophe naturelle dans 69 départements. Et pour les petites communes particulièrement affectées, il a débloqué 140 millions de francs d'urgence d'avance sur indemnisation. Dans le reste de l'Europe, on décompte 130 victimes. Routes bloquées, électricité coupée, inondations et graves avalanches ont paralysé la vie de l'ensemble du continent.

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Le retour de Jean-Pierre Chevènement

Victime d'un accident d'anesthésie, le ministre de l'Intérieur reprend ses fonctions le 4 janvier après quatre mois d'absence. Le « miraculé de la République », comme il se surnomme lui-même, était entré à l'hôpital pour une banale intervention chirurgicale.

Maurice Papon incarcéré

Sa condamnation pour « complicité de crimes contre l'humanité » rendue définitive après le rejet de son pourvoi en cassation le 21 octobre, Maurice Papon prend la fuite. Interpellé en Suisse, l'ancien haut fonctionnaire de Vichy est expulsé et incarcéré à Fresnes.

Les premiers PACS
sont signés

Déclaré conforme à la Constitution le 9 novembre, le pacte civil de solidarité, adopté définitivement par le Parlement le 12 octobre après plus d'un an de débats houleux, accorde un statut aux couples non mariés, hétérosexuels ou homosexuels. Les premiers PACS sont signés dans la foulée.

Incendie du tunnel
du Mont-Blanc : 39 morts

Un gigantesque incendie dans le tunnel du Mont-Blanc provoque la mort, le 24 mars, de 39 personnes, restées prisonnières du brasier que les pompiers mettront 53 heures à maîtriser.

Bill Clinton acquitté dans son procès en destitution

Le Sénat américain, pourtant dominé par les Républicains, a acquitté en février Bill Clinton dans l'affaire Lewinsky, au terme d'un procès en destitution pour parjure, qui entachera le nom du président américain dans les livres d'histoire.

De 30.000 à 50.000 morts dans les glissements
de terrain au Venezuela

Des pluies torrentielles ont ravagé le Venezuela à la mi-décembre, faisant de 30.000 à 50.000 morts. Des dizaines de bidonvilles ont été emportés par la boue.

Séismes meurtriers

Un séisme en Turquie a fait 25.000 morts fin août, révélant l'inefficacité de l'Etat et de l'armée turque dans l'organisation des secours, mais conduisant à un assouplissement des relations avec la Grèce. En septembre, c'est Taiwan qui était touché (1.700 morts).

Rugby : la Coupe
du monde va à l'Australie

La France a échoué en finale de la coupe du monde de rugby, 12 à 35, contre l'Australie. Elle avait battu les Néo-Zélandais en demi-finale, 43 à 31, lors d'un match épique.

Abdullah Ocalan, le chef du PKK, capturé

La Turquie a capturé en février son ennemi public numéro un, le chef du mouvement séparatiste kurde PKK, Abdullah Ocalan. Depuis sa prison d'Imrali, Abdullah Ocalan a appelé ses partisans à cesser la lutte armée, avant d'être condamné à mort en novembre. La Turquie observe un moratoire de fait des exécutions capitales depuis quinze ans.

Accidents d'avion
et de train : lourd bilan

Un Boeing 767 d'EgyptAir s'est abîmé en mer, fin octobre, avec 217 personnes à bord. Un copilote déprimé pourrait être à l'origine du drame, mais les Egyptiens accusent Washington de vouloir dégager la responsabilité de Boeing. Un déraillement de train a également causé la mort de 26 personnes en gare de Paddington, à Londres.

Les femmes à l'honneur

La parité hommes-femmes en politique a fait un sérieux pas en avant en 1999. Le gouvernement a adopté, le 8 décembre, un projet de loi qui vise à « favoriser l'égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ». Six mois plus tôt, le Congrès avait entériné une révision constitutionnelle, préalable à toute évolution législative.

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GOUVERNEMENT INTERCONFESSIONNEL EN ULSTER

Dans l'impasse toute l'année, le processus de paix en Irlande du Nord s'est débloqué le 29 novembre. Plus de dix-neuf mois après l'« accord du vendredi saint », le gouvernement autonome interconfessionnel a finalement été constitué. Il comprend 5 protestants et 5 catholiques, dont 2 membres du Sinn Féin, l'aile politique de l'Armée républicaine irlandaise (IRA). L'intégration de ces derniers à l'équipe gouvernementale était la principale pierre d'achoppement. Le Premier ministre protestant, David Trimble, a longtemps exigé que l'IRA entame préalablement son désarmement. Une condition qu'il a fini par retirer en échange de la promesse de l'IRA d'engager des discussions sur le démantèlement de son arsenal.

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BARAK RELANCE LE PROCESSUS DE PAIX AU PROCHE-ORIENT

Tombeur, le 17 mai, de Benyamin Netanyahu, le nouveau Premier ministre israélien, Ehud Barak, a remis sur les rails le processus de paix au Proche-Orient. Le 4 septembre, Israël et l'Autorité palestinienne ont signé à Charm el-Cheik, en Egypte, un accord sur le retrait partiel de Tsahal des territoires occupés. Une version remaniée de l'accord de Wye Plantation, paraphé en octobre 1998 et jamais appliqué. Le 13 septembre, les négociations sur le statut final de Gaza et de la Cisjordanie, entamées en 1966 et gelées par Benyamin Netanyahu ont redémarré. Et le 15 décembre, à Washington, les dirigeants israéliens et syriens ont officiellement repris leurs pourparlers de paix, interrompus depuis quatre ans.

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DE NOUVELLES TÊTES EN AFRIQUE

Afflux de nouveaux dirigeants sur le continent africain en 1999. En avril, l'Algérie a élu, dans des circonstances très contestées, Abdelaziz Bouteflika à la présidence de la République. Le successeur de Liamine Zéroual a organisé en septembre un référendum sur la concorde civile, qui a fait naître bien des espoirs mais n'a pas mis fin aux massacres. En mai, Olusegun Obasanjo a mis un terme à quinze ans de régime militaire, en étant porté démocratiquement à la tête du Nigeria. En juin, l'Afrique du Sud a tourné la page Mandela. Son dauphin désigné, Thabo Mbeki, a été élu, sans surprise, président. Et, en juillet, après la mort de son père Hassan II, Mohammed VI a pris les rênes du Maroc, et commencé aussitôt à démocratiser son royaume. En décembre, enfin, Robert Gueï a pris la tête de la Côte d'Ivoire, contraignant Henri Konan Bédié à la fuite.

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