Un sommet sans précédent entre le président de la Corée du Sud, Kim Dae-jung, et le dirigeant de la Corée du Nord communiste, Kim Jong-il, devrait se tenir à Pyongyang aujourd'hui, après le report de vingt-quatre heures imposé par ce dernier. Séoul garde un silence complet sur les modalités de cette première rencontre en raison du caractère ombrageux attribué à son partenaire du Nord. Les raisons «techniques» avancées pour imposer le report à la dernière minute de l'événement sont interprétées à Séoul comme un avertissement à la suite de révélations faites par la presse du Sud. Accompagné par 180 personnes dont 50 journalistes sud-coréens, le président Kim Dae-jung doit prendre ce matin l'avion pour la capitale nord-coréenne, ce qui constituera la première liaison aérienne entre les deux pays depuis la guerre de Corée. A Pyongyang, plusieurs rencontres en tête à tête doivent avoir lieu entre les deux Kim. Le retour de la délégation sud-coréenne se fera en voiture jeudi, par le village de Panmunjom, seul point de passage entre les deux Corées séparées par une zone démilitarisée.
Le président du Sud a d'ores et déjà annoncé qu'il aborderait toutes les questions «sans crainte».
Séoul envoyé spécial
vrai dire, la réunification, je n'y tiens pas beaucoup, avoue Lee Mo-young, une jeune étudiante fascinée par les vitrines de vêtements de Myongdong, le quartier chic de Séoul. Les Nord-Coréens sont terriblement différents de nous... et le gouvernement a calculé que ça nous coûterait encore plus cher que la réunification allemande. Je n'ai pas envie que ma génération se prive pour ça. Ils ne le méritent pas: on livre au Nord de l'aide alimentaire et de l'engrais depuis plusieurs années, et ils ne nous disent jamais merci.»
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